
Monsieur le Président de la République,
Vous avez dit « je pense qu’une démocratie se protège des risques de dérive lorsqu’elle est capable d’organiser et d’accepter ses propres contre-pouvoirs. »
À Avoriaz, le déséquilibre du poids électoral entre les électeurs de Morzine-bourg et ceux d’Avoriaz a pour conséquence l’absence au sein du conseil municipal de tout membre issu d’Avoriaz, à même de connaître les spécificités d’Avoriaz, et de permettre leur prise en compte dans la définition des politiques de la commune.
Cette absence se traduit de façon flagrante dans les choix effectués depuis plusieurs années : « service minimum » s’agissant du fonctionnement, et absence quasi-totale d’investissements.
Les insuffisances ne sont pas niées par l’administration, mais celle-ci en est réduite à envisager de « faire des recommandations » aux autorités municipales.
Vous avez dit : « Il y aura moins de lois, mais elles seront appliquées ».
Pouvez-vous tolérer que l’administration fasse aussi manifestement obstruction à l’application de l’article L2112-3 du Code Général des Collectivités Territoriales, et invente un Code électoral spécifique pour Avoriaz ?
Est-il normal que le maire de Morzine puisse déclarer dans un journal au Printemps dernier « la commune d’Avoriaz ne se fera pas parce que le Préfet est contre », sans que cette déclaration -qui met en doute l’impartialité du représentant de l’État- fasse l’objet du moindre démenti ? Ni qu’a fortiori les actes de l’administration apportent la preuve de son objectivité ?
Vous avez dit : « Vous ne supportez plus [...] l’impuissance publique, le manque de courage »
Concernant Avoriaz, l’impuissance publique, c’est d’assister passivement au déclin de ce qui fut l’une des plus belles stations françaises, pour n’avoir pas le courage de la rupture avec les pratiques anciennes, dût-on pour cela braver quelques idées reçues.
Est-il normal, à l’heure où le gouvernement souhaite permettre aux Français de travailler plus, que rien ne soit entrepris pour permettre le développement d’Avoriaz, et les emplois qui en découleraient ?
Vous avez dit : « Je veux que vous ayez totalement confiance dans vos élus, dans votre démocratie, car c’est la force des grandes nations. »
Comment voulez-vous que nous, citoyens français, ayant investi à Avoriaz, ayons confiance dans nos élus locaux quand ceux-ci, non seulement sont ignorants des réalités d’Avoriaz, mais ont organisé sous toutes les mandatures et tous les maires successifs un système privant Avoriaz des ressources qui devraient être les siennes, notamment en matière d’investissement public ?
Vous nous avez proposé « d’en finir avec ce fatalisme, avec ce renoncement, avec cette résignation ».
Nous ne sommes pas fatalistes, Monsieur le Président de la République, nous n’avons pas l’intention de renoncer ni de nous résigner, mais nous avons besoin de votre aide.
Nous vous avons fait confiance car vous nous avez assuré qu’ensemble, tout deviendrait possible : nous savons que vous ne vous déroberez pas.
L’association des Propriétaires d’Avoriaz