
La ventilation des recettes d’une part, des dépenses de fonctionnement et d’investissement d’autre part, entre les 2 agglomérations n’est pas connue.
La part des recettes en provenance de Morzine est-elle supérieure à celle provenant d’Avoriaz ? C’est la question des « flux financiers » qui a été posée à plusieurs reprises à la municipalité et qui est restée sans réponse. Un chiffrage précis aurait été fait par les services municipaux, que le conseil municipal aurait préféré garder confidentiel.
À plusieurs reprises, les avoriaziens ont tenté de faire des estimations. Dernièrement, l’APAz a envoyé un questionnaire à ses adhérents, dont les résultats ne sont pas complétement exploitables.
Le croisement de différentes méthodes permet cependant d’affirmer que les recettes provenant de Morzine et d’Avoriaz sont sensiblement du même ordre de grandeur. La gestion municipale - partie fonctionnement - est défaillante à Avoriaz.
Plus de 30 ans après la création de la station, et plus de 6 ans après que le maire de Morzine a signé l’avenant de fin d’aménagement (14 juin 1993), la voirie d’Avoriaz - composée de voies, ascenseurs et passages publics - n’est toujours pas reprise en totalité par la commune.
Les services municipaux sont limités au ramassage des ordures et au compactage de la neige l’hiver sur les voies qualifiées de publiques par la municipalité.
La rétrocession ces dernières semaines de 90 % des voies à la mairie n’a aucun impact chiffré sur le budget de l’ALDA. Les parkings sur Morzine sont construits par la commune et gratuits, ceux d’Avoriaz (même découverts) sont payants...
Dans le domaine de la gestion touristique, la municipalité attribue à l’Office de Tourisme de Morzine une subvention supérieure à celle attribuée à celui d’Avoriaz alors que ce dernier collecte 3 fois plus de taxe de séjour.
Une subvention globale de 700000 F pour « grands événements » a été répartie à raison de 500000 F pour Morzine et 200000 F pour Avoriaz, mais pour 2000 il est prévu de consacrer la totalité de cette somme au Tour de France, qui arrivera à Morzine...
Les services publics et touristiques non assumés par les services municipaux sont mis à la charge des propriétaires, via les cotisations perçues par l’ALDA (imposition supplémentaire n’existant ni à Morzine, ni ailleurs), pour financer des services publics (entretien des ascenseurs et passages publics, des espaces verts) et des services touristiques gérés par l’O. T. (le fonctionnement de l’accueil est financé à 50 % par l’ALDA).
Le « fleurissement » contribue À l’attrait des villes et villages. Lorsque la commune a acheté 100 « bacs à fleurs » elle les a répartis à raison de 95 à Morzine et le reste à Avoriaz.
Le bourg de Morzine, cet été, était admirablement fleuri par les particuliers, les commerçants et hôteliers et aussi par la commune. Le « crédit communal fleurissement » annoncé par la municipalité de Morzine-Avoriaz en 1999 est :
— fonctionnement, sur Morzine 300000 francs, sur Avoriaz 0 franc
— investissement, sur Morzine 80000 francs, sur Avoriaz 0 franc
Il en va de mÊme pour les investissements.
Alors que les responsables d’Avoriaz peinent à trouver un financement pour rénover l’infrastructure d’accueil, 2 millions de francs ont été dépensés en 1998 pour créer un éclairage public à Super-Morzine ; 350000 F ont été dépensés pour éclairer le parking de Nyon, très fréquenté la nuit.
Faibles sommes, il est vrai, si on les compare aux 3 millions qu’a coûté l’éclairage du « stade de slalom » du Pléney, le seul d’Europe où aucune compétition ne s’est jamais déroulée.
Investissements réalisés par la Commune (1995-1999) (Voir Note)
Morzine Avoriaz 1995 1 781 000 F 220 000 F 1996 4 786 000 F 0 F 1997 7 173 000 F 4 535 000 F 1998 9 486 000 F 2 721 000 F 1999 7 300 000 F 868 000 F Total 30 528 000 F 8 344 000 F
L’avenir d’Avoriaz dépend de sa capacité à faire face aux investissements nécessaires dans les domaines de service public, d’installations touristiques et d’aménagement foncier.
L’entreprise touristique « Avoriaz » est en concurrence avec d’autres stations : à titre d’exemple Tignes prévoit d’investir dans les prochaines années 700 millions de francs pour, entre autres valorisations, devenir « station sans voitures ».
Il n’y a pas que les dÉpenses et les investissement qui sont répartis d’une façon très discriminatoire selon qu’il s’agit de Morzine ou d’Avoriaz. Il en va de même pour le prix de l’eau.
Rappelons que le prix T.T.C. d’un m3 pour l’eau, la pollution et l’assainissement était de 10 francs en 1997-98 pour un hôtel situé à Morzine, l’assainissement seul, pourtant géré par la commune via le SIVOM - coûtant 10 francs par m3 pour les abonnés d’Avoriaz. Sans doute les eaux d’Avoriaz, beaucoup plus usées, sont-elles plus coûteuses à assainir.
Concernant l’assainissement, les usagers d’Avoriaz sont soumis à une taxe communale par unité de logement, destinée aux travaux et au remboursement des emprunts contractés pour la construction de la station intercommunale d’épuration.
Sur Avoriaz, le produit de cette seule taxe communale par unité de logement sera en 1999 de 330 F x 4500 unités de logement soit 1500000 francs. De 1995 à 1999, Avoriaz a payé environ 7 500000 francs. Sur Morzine, la transparence municipale interdit de connaître le montant précis : il est au plus égal à celui d’Avoriaz s’il est perçu par unité d’habitation, il peut être de moitié s’il est perçu par facture.
Mais les travaux et investissements (hors entretien) réalisés chaque année ont été publiés, ce qui donne le résultat suivant : Morzine :7 845 991 F Avoriaz : 0 F et n’appelle aucun autre commentaire... Vous avez dit « traitement équitable » ?
En résumé, les investissements financés par la commune de Morzine-Avoriaz sur Avoriaz depuis la création de la station se sont limités aux :
— garages communaux ;
— bâtiments de la gendarmerie - financés en très grande partie par la vente des locaux mis à la charge du promoteur - aménageur ;
— bâtiments sociaux (halte garderie, logement pour les seuls employés municipaux, non pour le personnel saisonnier station...), financés par les loyers perçus ;
Le produit de la vente de terrains à Avoriaz - 1 million de francs pour la seule année 1996, dans la zone des chalets d’alpage - n’a jamais été affecté à Avoriaz. Pour 1999, le journal de la municipalité de décembre 1998 donne une liste - non exhaustive - des travaux prévus à court terme à Morzine et financés par la commune : électrification de Super-Morzine et éclairage public, 2 en 1998 ; éclairage public du parking de Nyon 351 en 1999 ; mise en conformité de la piscine municipale (10 à 15 millions) ; trottoirs aux Bois-Venants, 1,10 MF sur 1998-1999.
Et sur Avoriaz ? néant, pourtant les besoins sont criants : bâtiments d’accueil, parkings, ascenseurs et passages publics, aménagement foncier, etc..
Les projets d’amÉnagement annoncés en juin 1999 ne font que prolonger la tendance : aménagement de la place de la poste ; aménagement de la place de la Crusaz ; parkings souterrains Joux Plane, Office du tourisme, ; gendarmerie. Un détail à souligner dans la rubrique travaux 1999 à Morzine : 1400000 francs pour « réfection électricité et mise en sécurité ascenseur incliné » et combien pour Avoriaz ? 0 pour l’ascenseur des Hauts-Forts, 0 pour celui du Snow, autant pour celui du Sassanka, etc.
Note 1. Ce tableau n’incorpore pas l’investissement réalisé pour les logements des personnels communaux à Avoriaz, car celui-ci se substitue à des dépenses de fonctionnement (les annuités d’emprunt remplacent les loyers).