
Monsieur le Président de la République,
Vous seul détenez aujourd’hui le pouvoir de sauver Avoriaz.
Construite dans les années 1970 sur des terrains vierges situés sur la commune de Morzine, Avoriaz est achevée depuis une quinzaine d’années.
Si, depuis cette date, la commune de Morzine n’a refusé aucune des recettes fiscales qu’elle doit à Avoriaz, elle s’est en revanche attachée à ne pratiquer que le « service minimum » en matière de dépenses de fonctionnement, tandis que ses investissements ont été insignifiants.
Cette situation a eu les conséquences qu’elle devait avoir : vieillissement des infrastructures d’Avoriaz, et par conséquent désaffection de la clientèle ; selon certaines informations, Avoriaz serait la seule des grandes stations françaises à avoir vu son activité économique diminuer ces dernières années.
Il est donc apparu indispensable qu’Avoriaz devienne une commune à part entière, afin que les recettes fiscales qu’elle génère puissent être réinvesties pour préparer son avenir.
Malheureusement, depuis que les procédures prévues par la loi pour obtenir cette émancipation ont été engagées, l’administration a montré particulièrement peu d’empressement et d’impartialité à traiter ce dossier.
Nous craignons d’être victimes du principe général selon lequel il y a trop de communes en France, et qu’il serait donc malvenu d’en créer une nouvelle.
Pourtant, Avoriaz avec son urbanisme singulier, sa population différente, les quelque douze kilomètres d’éloignement du bourg-centre de Morzine, et son indiscutable potentiel économique et fiscal, réunit bien tous les caractères d’une commune.
Et la création d’une commune de plein droit est la seule voie légalement offerte pour qu’Avoriaz puisse être durablement administrée d’une façon favorable à son développement équilibré.
Si malheureusement notre démarche devait être victime des préjugés de l’administration et de l’union de tous les conservatismes, il est inéluctable que le dépérissement d’Avoriaz se poursuivra.
C’est pour cette raison, Monsieur le Président de la République, que nous nous adressons à vous : vous vous êtes acquis la réputation de vous intéresser sincèrement aux problèmes concrets du pays, a fortiori lorsqu’ils ont valeur d’exemple.
Or, de toute évidence, le cas d’Avoriaz illustre les difficultés issues de problèmes de gouvernance locale, découlant des choix d’une économie de rente plutôt que d’investissement, et aggravées par l’inertie et la pusillanimité de l’administration.
Persuadés que vous nous encouragerez à ne pas céder à la tentation du renoncement, nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la république, l’expression de notre très haute considération.
L’association Avoriaz-Demain